L'histoire de Kelly
Un long combat
« Je me suis opposée pendant des années à l’idée d’avoir une stomie. Ce n’est qu’à mes 24 ans que j’étais totalement épuisée, physiquement et mentalement. Je n’en pouvais plus », raconte Kelly.
Elle a été diagnostiquée de la maladie de Crohn à 16 ans. Aucun traitement ne fonctionnait pour elle et elle faisait même des réactions allergiques aux médicaments. La maladie avait donc libre cours.
« Pendant des années, j’allais vingt fois par jour aux toilettes. Je n’osais plus faire des courses ni aller boire un verre. Chez moi, je me sentais en sécurité. » À cause des douleurs abdominales intenses, elle mangeait à peine, maigrissait et s’affaiblissait.
Quand son médecin lui a proposé une stomie, elle a d’abord résisté. « Mais à un certain moment, j’étais au bout du rouleau. Je voulais reprendre ma vie en mains. »
Retrouver des forces
L’idée était de poser une stomie temporaire pour laisser ses intestins se reposer. « Le fait que ce soit temporaire me rassurait. »
Mais quelques semaines plus tard, lors d’un dîner avec ses parents, tout a changé. « Ils m’ont dit, tout souriants : “Chérie, tu es en train de manger tranquillement, sans devoir courir aux toilettes.” Là, j’ai su que je voulais une stomie définitive. »
« Le combat que je menais depuis des années s’est arrêté d’un coup. J’allais visiblement mieux. »
Elle a encore dû faire face à des complications et à plusieurs opérations, mais : « Ça n’a jamais été aussi difficile qu’avant. »
Elle a enfin pu faire des choses dont elle ne faisait que rêver : plonger, skier, sortir. Et avec son grand amour, elle a eu deux enfants.
Concevoir une solution
Pourtant, la poche de stomie restait un obstacle pour elle. « Je voulais pouvoir la camoufler et avoir plus de soutien. Mais les sous-vêtements gainants étaient trop serrés, ce qui provoquait encore plus de fuites. »
Avec une amie, elle a commencé à développer des bandes spéciales pour les personnes stomisées. « J’avais l’idée, elle dessinait les patrons et cousait. »
Elles ont participé à un concours pour jeunes entrepreneurs, ce qui a immédiatement attiré l’attention des médias. « La demande pour nos produits a explosé. »
Elles ont trouvé un bon fournisseur en Angleterre, et une partie de la production est réalisée dans un atelier de couture social près de chez elle.
Son amie a finalement choisi une autre voie, mais la nouvelle boutique en ligne a vu le jour et Kelly a continué. « Il fallait travailler dur sur la notoriété, car il existe toujours un tabou autour des stomies. »
Continuer à grandir
Les produits les plus populaires de Bellawear sont les slips taille haute et les boxers. « Ils camouflent la poche et répartissent la pression, ce qui réduit les risques de fuites. »
Kelly continue d’innover et a récemment lancé une collection en bambou. « Les personnes à la peau sensible peuvent mal réagir aux matières synthétiques, donc je cherchais une alternative plus douce. »
Bien plus qu’un produit
Aujourd’hui, Bellawear est devenu un emploi à temps plein. « Nous grandissons à toute vitesse. L’été prochain, nous déménageons dans un bureau plus grand avec davantage d’espace de stockage, et quelqu’un viendra m’aider au bureau pour que je puisse me déplacer plus souvent. »
Pour Kelly, Bellawear est bien plus que des sous-vêtements. « Nous avons un groupe Facebook privé avec mille personnes stomisées qui s’entraident. J’organise aussi régulièrement des activités, comme une journée bien-être pour stomisés à Anvers ou encore un événement à Gand avec des conférenciers, des stands et de bons moments autour d’un repas. »